Aujourd’hui, je voudrais vous parler du lac Baïkal en hiver… De la symétrie des paysages, de cette église bleue et blanche, de ces morceaux de tissus colorés jouant avec le vent, de la gentillesse de ses habitants, de la douceur du matelas (après 5 nuits passées sur une banquette dure dans les yourtes mongoles)… Je voudrais vous raconter la douce lumière rasante qui transperçait la glace, les reflets et craquelures qui dessinaient des motifs sur le lac et en profondeur, jusqu’à nous donner le vertige… Quand je ferme les yeux, je vois cette étendue givrée, à perte de vue, les grottes cachées aux moultes stalactites (il n’y avait pas que dans les grottes, la barbe de mon «Sibère» viking en comptait aussi quelques unes), ces bateaux comme figés par le temps et prisonniers des glaces, les reflets irisés des glaçons disséminés ça et là et brillant plus encore qu’une rivière de diamants. Je sens cet air froid et vif qui parcourait mes pieds et traversait mon corps jusqu’à remonter le long de mon cou. J’entends encore les craquements et les grondements sourds de la glace (et qui nous glacent), comme des cris étouffés nous venant de l’antre du lac (esprit es-tu là…)

Je voudrais vous dire que notre cœur a été emporté, aussi profondément que les mètres qui nous séparaient du fond de la perle du Baïkal. La magie a opéré, nous nous sommes sentis plus vivants, nous partageons des secrets glacés qui resteront gravés dans nos têtes comme un trésor qui n’appartient qu’à nous… Pour l’éternité (j’en fais trop ?).

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A propos du lac Baïkal

  • Le lac Baïkal est long de 636 km sur 80 km de large
  • On y compte 27 îles, la plus importantes étant celle d’Olkhon
  • C’est la plus grande réserve d’eau douce du monde (mais paradoxalement, l’eau n’était pas potable sur l’ïle)
  • Son volume d’eau représente 20% des réserves d’eau douce à l’échelle mondiale, 80% des réserves d’eau douce de la Russie
  • Sa profondeur maximale est de 744 mètres, ce qui en fait le lac le plus profond de la planète !
  • Ses eaux sont tellement transparentes qu’on peut voir jusqu’à 40 mètres de profondeur
  • Le lac Baïkal est le plus ancien lac existant : il date d’il y a 25 millions d’années !
  • On y recense 1 550 espèces animales et plus de 600 espèces végétales
  • Le lac est surnommé la perle de Sibérie et a un caractère sacré

J’irai marcher sur le lac Baïkal en hiver


Après une trentaine d’heures de transsibérien (ça méritera évidemment un article), nous voici donc fraîchement débarqués à Irkutsk, la capitale de l’Oblast d’Irkutsk. Pas le temps de niaiser, c’est qu’on doit trouver le point de départ de notre minibus pour aller jusqu’à l’Ile dOlkhon, et ça s’avère plus compliqué qu’on ne l’imaginait ; ayant l’impression de retrouver la civilisation après plusieurs jours passés dans les steppes mongoles, nous avons eu l’audace de parler anglais aux différents points d’information que nous avons trouvés dans la gare. Nous sommes accueillis froidement (je ne parle pas que de température), et personne ne peut/veut nous parler anglais… Et comment dire, en quelques mois, je n’ai pas eu le temps d’apprendre le russe (honte sur moi). C’est un chauffeur de taxi qui viendra à notre rescousse et nous amènera jusqu’au point de rencontre, ce n’était vraiment pas à côté !

Nous avons 6 heures de route pour rejoindre notre île, nous sommes un peu fatigués par les transports mais tellement heureux de découvrir la topographie du coin… De la neige, des conifères qui ponctuent le paysage ; c’est joli ! Les routes sont parfois un peu accidentées, mais à côté de la Mongolie, cela nous paraît plutôt tranquille !!

Nous approchons enfin de notre but, le lac Baïkal s’étend juste devant nos regards ébahis, et pour rejoindre l’île d’Olkhon, notre minibus entame sa traversée… Sur le lac gelé ! Passées les premières petites appréhensions «Euh, et sinon, il est vraiment bien bien gelé votre lac ?» «Il reste combien de km ? Déposez-nous là, on continue à pieds», la joie nous gagne, l’insolite de la situation nous comble… Nous croisons même des panneaux de limitation de vitesse sur cette route de glace (à 30km/h, mais nous allons bien plus vite), c’est assez fou !

Notre chauffeur nous dépose à la porte de notre auberge, et chaque chose que nous découvrons nous ravit au plus haut point : après la roots attitude, nous avons l’impression de plonger dans un petit monde de douceurs. Notre appartement en bois est super mignon, notre matelas est comme un petit nuage en coton dans lequel nous nous enfonçons délicatement (à ce moment, nous ne le savons pas encore mais petit nuage succombera sous le poids de mon doux viking à la 4ème nuit… RIP.). Il fait chaud dans la pièce, il y a une douche et des toilettes (youhouuuuuu), et ça tombe bien, depuis le temps que je rêve d’une bonne douche chaude (pour ceux qui prennent l’article en cours, nous sentons le fennec mort en décomposition, et pour cause, la dernière douche date d’il y a 5 jours, avant la vie en yourte nomade et le trajet en transsibérien pour attendre).

Comme le soleil baisse, nous décidons de vite partir découvrir le lac Baïkal au coucher du soleil, et là, je vous le donne en mille, c’est le paradis (pa-ra-dis pa-pa-ra-dis) ! Telle la première fois où nous avons découvert l’Islande, ou encore le Groënland, l’euphorie nous gagne, je sautille (oui des tout petits sauts de joie, je n’ose pas encore prendre mon élan pour faire de grands sur le lac gelé, on n’est jamais trop prudents…), tourne sur moi même, lâche une larmichounette (on ne sait jamais, sur un malentendu, avec le soleil, ça peut faire un arc-en-ciel…).

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J’avais peur qu’il ne soit pas assez givré, ou trop enneigé… Ou tout simplement différent de ces photos magnifiques que je regardais en boucle avant de partir…. Et le spectacle qui s’étalait devant nos yeux en devenait presque insolent tellement il était beau…. Oui, encore une fois je peux le dire, cela dépassait toutes nos espérances !

La scène est improbable : Des motos, des skieurs, des vieux vans russes, des 4×4 traversent le lac, des promeneurs marchent sur la glace, et les teintes changent au fur et à mesure que la lumière décline…. La neige qui recouvre le lac Baïkal en hiver devient tour à tour, orangée, rose, violette. Par endroits, il y a des tas de cristaux de glace, puis tout à coup, plantés là comme si de rien n’était, on croise de gros glaçons bleus translucides ; là où il y a beaucoup de passage, la glace est polie comme une patinoire. En nous approchant, on voit toutes les fissures comme autant de nervures de la glace, on voit même la perle de Sibérie… Les couches successives figées par le froid dessinent des motifs en profondeur.

Nous domptons peu à peu nos premières appréhensions, c’est tellement fou de se dire que sous toutes ces plaques sclérosées, il y a de l’eau, beaucoup beaucoup d’eau… Je me rassure en me disant que les premiers mètres situés juste sous mes pieds doivent encore être totalement gelés !

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Nos pieds aussi commencent à être gelés, le froid nous rappelle à l’ordre et l’heure du dîner approche, puisqu’ici on mange à 18h ! Nos hôtes nous accueillent très chaleureusement, nous nous sentons bien à tout point de vue ici, nous parlons de Paris, de Sibérie, de nourriture (on y revient toujours), nous feuilletons un livre magnifique de Nicolas Pernot « au coeur du Baïkal », nous échangeons nos impressions sur cette première journée sibérienne  tout en mangeant une salade de patates au poulet, puis une soupe de légumes aux patates, ensuite du poulet aux patates (rien ne se perd, tout se transforme), et un petit moelleux aux patates… Euh non au chocolat. C’est très bon !

Le rocher du Chaman


Le lendemain, le surlendemain et le sur-surlendemain nous retournons bien évidemment sur les lieux pour découvrir le lac Baïkal au petit matin, le midi, la nuit… Bref, vous commencez à me connaître, quand j’aime un lieu, il faut que je le vois vraiment sous toutes les coutures ; puis après 10 jours à vadrouiller à un rythme soutenu à Pékin et en Mongolie, ça fait du bien de prendre le temps, de marcher, prendre des photos, s’approprier les lieux jusqu’à avoir l’impression qu’ils deviennent familiers (même si ce n’est qu’une impression ;D).

Le rocher que vous voyez sur les photos est souvent photographié : c’est le rocher du Chaman. En plus d’être photogénique, il est sacré. Selon la légende, le lac Baïkal aurait jeté ce caillou en apprenant que sa fille Angara était partie rejoindre le robuste fleuve Lénisseï (Je suis plutôt chanceuse, mon père ne m’a pas jeté de pierres le jour où je suis partie vivre chez mon copain). L’histoire est plutôt poétique et est à l’origine du culte chamanique qu’elle représente aujourd’hui.

Le point de vue du lac sur le rocher est fabuleux, mais le point de vue du haut du rocher est tout aussi beau  ; nous nous sommes promenés le long des totems, au milieu de tous ces rubans de couleurs flottant au vent, comme autant d’offrandes faites à la nature. C’est tout simplement envoûtant.

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Oui, vous remarquerez chers lecteurs que j’ai quand même fait tomber la combi, les moufles, les sous gants, le manteau et le sous manteau pour une photo du genre « Hey, regardez comme on est bien au lac Baïkal en hiver« … Pour un peu je dansais presque la Troïka pieds nus sur la glace ! Et vous savez quoi, j’ai tenu deux petites minutes, mais j’ai survécu !

Khuzhir


Après avoir découvert le rocher du Chaman la veille, nous décidons de partir vers le sud et d’explorer une autre partie du village de Khuzhir. Nous remettons donc toutes nos couches de vêtements. Pour ce genre de détails, je pourrais aussi bien faire une ellipse temporelle ; mais si je comptabilise le temps passé à mettre la combi, les sous pulls, les sous gants, le tour de cou, l’écharpe, le bonnet et dans le bon ordre s’il vous plaît (oui parce-que si je mets les moufles avant les chaussures par exemple, c’est compliqué…), et bien ça a son importance dans le programme d’une journée. Et il faut bien penser à tout avant de s’habiller… Imaginez Thomas Pesquet avoir une envie pipi au moment de faire une sortie extra véhiculaire, ça fait tâche quand même ! Comment ça je compare ce qui n’est pas comparable ? Bref, nous voici enfin dehors prêts à visiter la ville dans tous ses recoins. D’abord nous découvrons les ruelles et les maisons en bois. De l’extérieur, il est difficile de deviner ce qui se cache à l’intérieur… Nous ouvrons une porte en pensant trouver un restaurant (la faute aux photos de pains de viande à l’extérieur) et tombons sur une boutique. Ensuite nous pensons entrer dans une boutique, et là, c’est une épicerie… Les mystères de l’Ile d’Olkhon

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En redescendant l’artère principale, nous débouchons sur une autre partie du lac Baïkal : deuxième effet kiss cool, nous sommes de nouveau totalement en extase.. Je n’ai vraiment pas besoin de prendre de drogues, quand je voyage, j’ai souvent l’impression de flotter à côté de mon corps, je ris bêtement, je chante… Bref… De ce côté-ci du lac, nous apercevons des bateaux prisonniers des glaces et le spectacle est beau !

Certains attendent seulement les beaux jours pour pouvoir de nouveau hisser la grand voile et voguer sur les flots… Mais un bateau attire tout particulièrement mon attention ; vu son état, je doute qu’il aille de nouveau sur l’eau, ou alors je ne veux pas être dessus au moment où il partira. Mais à regarder, il est sublime…. il y  a quelques trous, la coque est cabossée et des morceaux de ferraille manquent à l’appel, il a l’air complètement rouillé, et la neige vient se mélanger à la carcasse, comme un grand escalier glacé qui prend tous les reflets du soleil… C’est magique !

Nous en faisons le tour, nous marchons dessus…

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C’est aussi le coin ou les voitures et les vans viennent faire des trous dans la glace pour faire des réserves en eau potable.

Eglise de Khuzhir


Puis nous remarquons non loin de là une petite église aux dômes en forme de gâteaux bleus et blancs… C’est forcément irrésistible, d’autant plus que nous commençons à avoir faim (le froid, ça creuse…).

Nous sommes donc devant the Church of the Reigning Mother of God

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L’église de Khuzhir, située sur l’île d’Olkhon surplombe le lac Baïkal d’un côté, et le village de l’autre… La lumière est belle, et des micro particules de neige tombent ; c’est un peu comme s’il pleuvait des paillettes (ouiiiiiiiiii), trop chouette… A l’intérieur, ça hume l’encens, c’est simple mais mignon et accueillant. D’ailleurs, il y a même il y a un petit espace pour laisser son manteau et tout ce qu’il faut pour boire un thé. A la sortie de l’église, nous adoptons un chien, ou nous sommes adoptés par un chien (je ne sais plus vraiment dans quel sens cela s’est passé). Nous le baptisons Franck (bah oui, Franck Sibérie), et il nous tiendra compagnie un bout de trajet, en gambadant joyeusement dans la neige… Je ne raconte même plus le nombre de fois où nous nous sommes épris d’une bête poilue en voyage, nous avons failli repartir avec un chiot de traîneau Ilulissat au Groënland (l’article est ici), avec Horace dans le Perche, une baleine en Islande (à lire ici)…Bref revenons-en à notre mouton-chien, qui soit dit en passant était quand même très possessif ; il s’est presque battu avec un autre chien qui s’approchait un peu trop de nous à son goût (jusqu’à ce qu’un monsieur lui fasse peur en jetant une pierre dans sa direction)… Mais bon, il nous abandonna à peu près aussi rapidement qu’il s’était épris de nous … Un amour éclair, aussi court qu’intense… Franck, si tu m’entends…

La balade continue, nous découvrons de nouveau des arbres entourés de rubans jaunes bleus et rouges, alors ça va être le moment de la rubrique tant attendue :

Le chamanisme expliqué par une nulle

Je ne suis pas une grande connaisseuse, mais ce n’est pas tous les jours qu’une Lykorne croise des arbres arc-en-ciels… Alors voici ce que j’en ai compris :

  • Le chamanisme est une croyance basée sur 3 étages ; il y a le monde d’en haut, le monde du milieu et le monde d’en bas. En haut, le monde céleste, au milieu le monde terrestre où sont tous les Hommes, tandis-que le monde d’en bas représente l’inconscient, l’intérieur de soi.
  • Le chamanisme implique un grand respect pour la Nature, parce qu’elle les nourrit. C’est pourquoi les chamanes font des offrandes à la nature, sous forme de monnaie, de nourriture ou de bijoux. Pour eux, derrière chaque point d’eau, chaque arbre, chaque montagne, il y a un esprit. L’harmonie  entre les être humains, la nature et les esprits est primordiale pour trouver le juste équilibre.
  • Considéré comme un guérisseur, le chaman est donc sensé réparer les désordres du monde en communiquant avec les esprits afin de trouver les âmes responsables des troubles. Il fait donc appel aux 3 mondes afin de pouvoir résoudre les problèmes qui lui sont posés (une sorte de Sherlock Holmes spirituel peut-être…. Je m’avance beaucoup…). Les rêves ont également une grande importance dans le chamanisme, ils permettent de faire des connexions entre les différents mondes, de percevoir certaines choses…
  • Il y a beaucoup de rituels autour de ces croyances ; les chamanes utilisent souvent le tambour pour entrer en état de transe, et la guimbarde pour appeler les esprits.
  • Si vous allez en Mongolie ou en Sibérie, vous croiserez des poteaux en bois, ou des tertres de pierres (appelés Ovoo) ou des arbres entourés de rubans : ce sont des rituels avec des offrandes faites aux esprits… Le bleu est la couleur du chamanisme.

Mes faibles connaissances s’arrêtent là et sont bien incomplètes en la matière, mais si jamais je fais erreur ou quelqu’un a envie de rajouter quelques informations, les précisions sont les bienvenues en commentaires !

En tous cas, ces « arbres aux rubans » étaient magnifiques, ils valaient bien quelques photos (oui, je sais bien, j’avais promis d’arrêter de mitrailler toute la journée, mais je crois bien que c’est plus fort que moi…).

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Après cette promenade revigorante, nous retraversons la ville et ses boutiques, ou restaurants, ou épiceries, je ne sais toujours pas trop, pour arriver jusqu’au supermarché : là pas de doutes possibles, on ne peut pas s’y tromper… C’est The gros bâtiment, et on peut même trouver en dehors de la nourriture, des souvenirs, des vêtements, des bottes fourrées ; si vous cherchez quelque chose, n’importe quoi, sachez que tout est là…

Saraiskii Bay Beach


L’après midi, nous repassons par le rocher du Chaman d’en haut mais poussons plus loin pour rejoindre normalement une plage de sable blanc (Saraiskii bay beach « cétunwhiskymabich ») : il se trouve que c’est en effet très blanc, mais je n’ai pas vu le sable sous l’épaisse couche de neige ! Derrière, des arbres longilignes donnent le rythme, et un aperçu par la même occasion de ce à quoi peut ressembler une forêt Sibérienne !!

Voulant encore profiter des derniers rayons, nous rentrons par le lac Baïkal gelé, et profitons du coucher de soleil !

Ce soir là, nous mangerons des bonnes pâtes avec des boulettes !

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Histoire de la photo de la grotte sur lac Baïkal en hiver

Alors là, voici donc l’histoire de la grotte… C’est le moment… Un beau matin, alors que je me réveille pour attaquer de pied ferme une nouvelle journée Sibérienne, je regarde par curiosité des photos instagram de l’Ile d’Olkhon. Cela permet souvent de découvrir des points d’intérêt qu’on aurait pu louper par exemple… Et c’est là que je tombe sur de magnifiques photos prises dans une grotte ! Cela pique ma curiosité, et je me mets en tête de trouver une grotte de toute beauté pour photographier le coucher de soleil qui se reflète sur les stalactites. La mission repérage se met en place, il fait jour, c’est le moment d’essayer de la trouver pour y revenir soir. nous quadrillons une zone, et commençons à ratisser de façon très méthodique à partir du rocher du Chaman… Nous contournons donc tous les rochers, observons très méticuleusement ce qui nous entoure… Sans succès…

Alors nous décidons de repartir vers les bateaux mais en marchant sur le lac Baïkal. Nous croisons bien quelques grottounettes, mais certaines dans lesquels on ne peut rentrer qu’une demi jambe, ou d’autres un peu plus grandes mais pas dans la direction du soleil… Et là, tout à coup, derrière un rocher, bien cachée… Aucuns doutes possibles… C’est MA grotte (oui c’est comme ça, quand je trouve quelque chose, que ce soit un chien -revieeeens Franck, revieeeeens-, un bateau une grotte, c’est à moi :D). Le sol est translucide… C’est rempli de stalactites. Et selon mes calculs, le soleil se couchera juste là (oui, là je montre l’endroit avec ma main mais forcément, vous ne pouvez pas voir, dommage)…

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Aux anges je trépigne d’impatience en attendant de retourner à mon point cartographié, à ma balise ‘GROTTEsque’. Ce que donc nous faisons (oui mon copain est très patient, je peux être épuisante exceptionnellement, parfois… De temps en temps..), à 17h pétantes…

Je m’approche de la grotte, mais n’y rentre pas de suite… Deux gros photographes sont dans les parages (genre j’ai du matériel de fou, je me promène avec un objectif qui fait la taille de mes deux bras, chuis un vrai), je ne veux pas qu’ils me prennent ma planque… Mais bon la lumière devient vraiment trop belle, alors je ne peux pas résister, je file dans ma grotte pour commencer ze shooting de ma vie : je commence à photographier, à tourner sur moi même, changer des réglages genre je gère, je m’extasie… Je vois les photographes qui se rapprochent de MA grotte, qui commencent à se mettre à la sortie, à passer la tête devant de temps en temps du genre « t’as pas bientôt fini, puis on a un vrai appareil nous »… Mon copain commence à avoir honte, à me dire « euhhhh tu dois avoir de quoi faire en photos là non » « fait froid quand même »… Mais non, pas moyen, la lumière continue de descendre, et moi je veux mon soleil pile poil sur ma stalactite, ils n’ont qu’à prendre un ticket, à la guerre comme à la guerre, chacun son tour, je leur laisserai ma grotte quand le soleil sera tombé de l’autre côté… Non mais… Les coups de pression se veulent de plus en plus insistants… ça tapote rageusement du pied ou sur la grotte de l’autre côté, comme une guêpe qu’on essaierait de faire sortir à coups de bâtons… Mais dans ces moments là, attention les gars, c’est qu’elle piquerait presque la guêpe !

Bon, la pression extra-grotte a fini par avoir presque raison de moi, et puis mon copain était presque en train de s’enfouir vivant sous la neige, alors… Bah je suis sortie… Mais il ne restait presque plus rien… J’avais pris les derniers rayons…

Bilan : j’ai eu 300 photos à trier de la grotte au coucher du soleil sur le lac Baïkal… Puis ben, je suis pas une pro (chers photographes, oui c’est du gâchis, je suis désolée). ça ne ressemble vraiment pas aux grottes des photos que j’avais vues sur insta… Mais bon, c’est quand même pas mal non ?

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La sortie de nuit sur le lac Baïkal en hiver

Je ne suis pas Lykorne à me contenter de couchers de soleils quand on peut en plus en plus ressortir la nuit pour admirer les étoiles et la vue sur le bateau de nuit…. Vous nous suivez  ? Tenue de camouflage grand froid… Check…. Lampe frontale ? Check…

Nous marchons donc d’un pas décidé vers les bateaux prisonniers des glaces. Des grondements sourds nous parviennent du fond du lac… Comme si la glace commençait à craquer. On ne fait pas nos malins à ce moment précis…. Mais nous prenons quand même nos photos by night, c’est trop beau !!

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Bilan de notre découverte du lac Baïkal en hiver

Ce voyage aura été tout aussi merveilleux que dépaysant… Et restera gravé dans nos têtes ! Notre itinéraire était ambitieux, parfois fatigant, mais je ne regrette pas une seconde tellement les découvertes que nous y avons faites étaient belles ; en deux semaines, nous avons pu voir des lieux sacrés et mythiques comme la grande Muraille de Chine, la Cité Interdite (retrouvez les articles ici), traverser une partie des vallées de l’Orkhon en hiver en Mongolie et découvrir un peuple d’une grande générosité (les articles sont ) ! Enfin, comme vous l’aurez compris, le lac Baïkal en hiver ne nous a pas déçus et la magie a opéré à peine le premier pied posé sur la glace !!!

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Patins à glace sur le lac Baïkal en hiver

Cet article touche à sa fin, mais pour finir en beauté, voilà quelques photos de ma session patin à glace sur le lac Baïkal en hiver (ça ferait un joli nom de dessert la glace sur lac Baïkal ;D). Ça jette du pâté de Lykorne non ?

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Pour aller plus loin…

  • Aujourd’hui , le lac BaÏkal est malheureusement menacé et est inscrit sur la liste du patrimoine mondial en péril. Si vous souhaitez en savoir plus, suivez le lien ici… 
  • Pour tout savoir ou presque sur le lac Baïkal, que ce soit sa géographie, son climat, sa faune et sa flore, les différents coins à découvrir, suivez ce lien 
  • Vous aimez les défis hors du commun ; nous les avons croisés sur le lac Baïkal en char à voile, on a trouvé ça chouette, mais à ce moment là, on était loin d’imaginer l’objectif qu’Elodie Arrault et Dominique Bleichner s’étaient fixé : tenter la traversée du lac Baïkal en plein hiver sur toute sa longueur, en char à glace. Je ne vous en dis pas plus, mais si leur histoire vous intéresse, venez plutôt la regarder ici !

Alors…. Vous reprendrez bien un peu de Baïkal ?

Gardez cet article à portée de main, épinglez-moi !

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